EGLISE DE SAINT-AGIL

                Sanctus Agilus in Belsia 1135 (Cart. de Tiron), Saint-Agy XVIIè siècle (chartrier de Saint-Agil). – Bourg et commune du canton de Mondoubleau à 7km. Au Nord de ce chef-lieu, à 35km. de Vendôme et à 67km. de Blois. Cette commune est bornée au Nord par celles d’Oigny et d’Arville ; à l’Est, par celles de la Fontenelle et Boursay ; au Sud, par Boursay et Choue ; à l’Ouest, par Souday.

                Elle est arrosée par le petit ruisseau de Pontrond qui prend sa source sur son territoire et va se jeter dans la Grenne après avoir séparé Saint-Agil de Boursay sur un parcours de 2 km. Elle est traversée par la route départementale de Brou à St-Calais par Mondoubleau. Cette route, entre Mondoubleau et St-Agil, aurait été construite, à frais communs en 1789, par M. Augrand d’Alleray, seigneur de St-Agil, et M. d’Estournel, commandeur d’Arville (abbé Blanchard, Perche et Percherons, p.323). Sa station la plus proche est celle de Boursay, (4km) sur la ligne de Paris à Bordeaux, par Chartres, Saumur, Niort et Saintes (Etat), (M. de St-Venant, Dre Vendômois, T.3, p. 256 et 259).

                M. l’abbé Chambois, dans sa « Vie de St-Agil », nous dit que St-Agil, appelé aussi Aile, patron de la paroisse, d’après l’opinion la plus commune naquit à Port-sur-Saône en 580 sous le règne de Childebert II roi d’Austrasie et de Bourgogne, dont son père était grand officier. En 587, Saint Colomban, illustre moine d’Irlande, vint en Austrasie pour obtenir du roi un lieu favorable à l’érection d’un monastère. St-Agil entra fort jeune encore au monastère de Luxeuil en Bourgogne, que gouvernait alors Saint-Colomban. Il y eut aussi pour maître Saint-Eustase, successeur de Colomban qui, poursuivi par la haine de la reine Brunehaut, avait dû quitter le monastère de Luxeuil. Il devint ensuite premier abbé de Rebaix, monastère nouvellement construit par St-Ouen au diocèse de Meaux. Là, il fut le maître de Saint-Philbert, premier abbé du monastère de Jumiège ; il mourut à 67 ans le 30 août 650 ; on le fête le 31 août ; son couvent de Rebaix est aujourd’hui détruit, mais le Saint est toujours en grande vénération au diocèse de Meaux sous le nom de St Aile (de St-Venant déjà cité).

                L’abbé Chambois rapporte aussi que la légende lui attribue un très grand nombre de guérisons miraculeuses. Il fut aussi en relations avec Dagobert 1er et avec St-Ouen, son premier ministre, lequel succéda plus tard à St-Romain au trône épiscopal de Rouen.

                Saint-Fiacre, second patron de St-Agil, vivait également au VIIè siècle ; il était fils aîné du roi d’Ecosse (Eugène IV), il refusa la couronne à la mort de son père et préféra la vie religieuse. Il fonda une Cella ou ermitage au diocèse de Meaux, s’occupant de travaux de jardinage… il mourut vers 1670, on le fête le 30 août. Il a été pris pour patron par les jardiniers.

                L’église de St-Agil et de St-Fiacre (classée) est du XIIe siècle. Une chapelle latérale couverte d’une voûte de pierre lui a été ajoutée en 1547. Cette église possède une jolie crédence de la Renaissance et un vitrail du XVIe siècle (classés) et un reste de litre intérieure (1).

  1. (1)Bandes que certains seigneurs avaient le droit de faire peindre au dedans ou au dehors des églises et sur lesquelles ils faisaient aussi peindre leurs armoiries.

                La flèche octogonale signalée par de Beauvais de St-Paul, laquelle reposait sur la charpente de la toiture de l’église, a été remplacée par un clocher moderne construit en 1886 en avant du portail et sur le porche de l’église ; la cloche est de l’année 1861 ; elle a été bénite par Mgr Louis-Théophile Pallu Duparc, évêque de Blois. Elle en remplaçait une autre qui avait été bénite en 1837 par l’abbé de la Motte, chanoine dignitaire de St-Denis… S’il faut en croire l’abbé Brès, curé de Souday, et ses notes manuscrites, la paroisse de St-Agil aurait été fondée par les seigneurs du lieu en l’an 809. Il prétend que la preuve s’en rencontre dans les anciens titres de l’abbaye de St-Avit (de St-Venant T.3 p 261). Les seigneurs étaient fondateurs de l’église du lieu avec droit de sépulture dans le chœur, tombe, banc et accoudoir, armes et armoiries, ceinture funèbres (litres tant en dedans qu’au dehors).

                Le château de St-Agil est dans une enceinte carrée de douves d’environ 40 mètres de côté et d’une largeur de 15 mètres environ. On y trouve, paraît-il, des traces d’une construction primitive datant du XIIIe siècle. La masse des bâtiments est du XVe siècle, mais au XVIIIe siècle, elle a été privée de ses fenêtres à meneaux, remplacés par d’autres plus modernes. La partie la plus remarquable est le donjon-portail flanqué de deux gracieuses tourelles, briques et pierres à appareil réticulé. Ce portail est d’un charmant effet et fait honneur à son constructeur qui, paraît-il, fut Antoine de la Vove, chanoine de Chartres, frère et oncle du possesseur (1510 à 1529).

                Au XIXe siècle, la famille de St-Maixent a augmenté l’aile de l’ouest par une construction dans le style de la Renaissance d’un assez heureux effet. Le premier seigneur de St-Agil qui soit connu par les chartes, Mathieu, vivait au XIe siècle et non au XIIe siècle, comme l’indique le bulletin Dunois (T.9 p 172). Il fit don de l’église de St-Agil aux religieuses de St-Avit de Châteaudun…(même auteur p.261).

                La propriété de St-Agil demeura aux mains des de la Vove jusque vers 1619. Elle passe ensuite aux mains de René de Langan par son mariage avec Marie de la Vove. De la famille de Langan, elle passa aussi par mariage aux mains de Charles du Plessis, seigneur de Périgny Hautefeuille et Malicorne. Enfin, après plusieurs autres transmissions, nous trouvons en 1818 le château de St-Agil aux mains de la famille Taillefumyr de St-maixent, originaire du royaume de Hongrie et établie en France depuis plusieurs siècles, qui l’avait acquis d’un sieur Sellière, ancien fournisseur des armées. La famille de St-Maixent en est toujours propriétaire. Il est aujourd’hui (1932) aux mains de dame Marie de Taillefumyr de St-Maixent, veuve de Monsieur Antoine de Lignaud, Marquis de Lussac (même auteur p.266 T.3) et abbé Blanchard (Perche et Percherons, P.406).

                Au temps où René de Langan était seigneur de St-Agil, le château, vers 1580, fut pillé par les protestants, et encore en 1595, époque où il fut de nouveau saccagé par des gens de guerre (Dre Vendômois T.3 p.264) St-Agil eut encore à souffrir plusieurs fois, au XVIIe siècle, du passage des gens de guerre, notamment en 1638, époque où passèrent deux régiments, celui de Sauveboeuf et celui de lusignan, qui prirent, pour se chauffer, les bardeaux des couvertures des maisons.

                En 1649, les soldats du régiment royal pillèrent l’église de St-Agil et le presbytère et pareil fait se renouvela quelques années plus tard et pire encore, ce qui motiva l’envoi de procureurs à Château-du-Loir, siège de l’élection, pour demander exonération de la taille.

                Il n’y avait jadis à St-Agil et dans les hameaux alentours, un nombre considérable de « tissiers » en toile et de fabricants de serge, notamment à Villebeautru et Coulonges (Dre Vendômois déjà cité T.3 p.267).

                Cette industrie est depuis fort longtemps disparue.

                En novembre 1870, la commune eut beaucoup à souffrir de l’invasion prussienne. Il y eut là, le 24 novembre, un combat de francs-tireurs et de gardes nationaux qui ne laissa pas que gêner l’ennemi (Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1875, pp. 127 à 137).

                On trouve à St-Agil au XVIe siècle, un St-Julien Talligot vicaire et maître d’école (Abbé Blanchard, Perche et Percherons). Les registres paroissiaux commencent en 1598. Altitude environ 200m. Résidence d’un notaire dont le titulaire actuel est Me Morin, successeur de Me Perret.

                Bureau d’enregistrement à Mondoubleau.

                Bureau de poste tenu par un facteur-receveur.

                Perception de Mondoubleau depuis 1926.

                St-Agil possède deux écoles publiques, une pour les garçons et une pour les filles, et une école privée.

                En 1911, la commune de St-Agil avait une population globale de 623 habitants.

                Dans la statistique générale de 1932, nous avons relevé les chiffres suivants : Population globale 547, dont 189 dans le bourg ; 25 à la Galanderie et le surplus dans les fermes et les maisons disséminées dans la campagne.

                Nombre de maisons : 72 dans le bourg et 10 à la Galanderie.

                Nombre de ménages : 89 au total

                Nombres d’électeurs : 164

                Superficie totale 1509 Ha, 11 Aa, 91 Ca, dont 1163 Ha, 85 Aa, 26 Ca en terre labourables ; 111 Ha, 22 Aa, 98 Ca en prairies naturelles et 292 Ha en trèfles ; 62 Ha en plantes fourragères ; betteraves, 42 Ha ; pommes de terre, 20 Ha ; bois, taillis et futaies : 171 Ha, 94 a, 95 Ca.

                CHEPTEL. – 68 juments, 68 chevaux, 19 ânes, 285 vaches, 138 génisses, 520 moutons ou brebis, 20 chèvres, 22 porcs et 42 porcelets.

                Industries autres que l’agriculture : 7 batteuses à moteur d’un rendement de 80 quintaux par journée.

2ème APPENDICE

relatant les créations réalisées, les principaux évènements survenus de 1840 à 1932, et diverses constatations additionnelles concernant les années antérieurs à 1837.